LES DIFFÉRENTS

PARASITES INTERNES

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Un amaigrissement, des diarrhées ou toute modification du comportement du cheval doivent vous mettre sur la piste d’une infestation par les vers.

Faisons donc le point sur les différents parasites internes du cheval :

 

1.  LES GRANDS STRONGLES : Strongylus equinus, Strongylus vulgaris et Strongylus edentatus.

 

Ces trois types de larves sont très fréquents chez les chevaux de tout âge et infestent principalement le gros intestin et le cæcum. Elles peuvent également migrer vers les artères, le foie et le pancréas. La période la plus risquée pour une contamination est l’été. Vers gris ou rouges, long de 1.5 à 5 cm, d'un diamètre d’environ 2 mm. Les larves peuvent s’infiltrer dans les artères et provoquer des caillots de sang, entraînant une dilatation irrégulière des parois des artères qui se fragilisent, ce qui peut avoir des conséquences sur le bon fonctionnement de la circulation sanguine du cheval.

 

  • Symptômes : fatigue, baisse d’appétit, amaigrissement, fièvre, et parfois coliques.

 

2. LES PETITS STRONGLES : Cyathostomes et Trichonèmes.

 

Parasites les plus fréquents chez le cheval, se développant dans le gros intestin et le cæcum, et parfois dans l’intestin grêle. Présent le plus souvent en automne et au printemps, dans des zones humides et chaudes. Vers blancs d’environ 1 cm de long, on les repère sous forme de petits vers rouges vifs dans les crottins. Ils peuvent pénétrer dans la paroi de l’intestin et du caecum, et former des kystes, ils peuvent également subsister dans l’intestin pendant plusieurs années.

 

  • Symptômes :   fatigue, baisse d’appétit, amaigrissement, fièvre, et parfois colique

 

3. LES ASCARIS : Parascaris equorum .

 

Très fréquents chez les poulains et les jeunes, plus rares chez les adultes. Principalement dans l’intestin grêle à l’âge adulte, mais les larves peuvent migrer à travers le foie et les poumons. Ce sont les vers les plus longs : de 15 à 50 cm de long, blancs-jaunes. Ils sont présents notamment en été. Les ascaris sont dangereux pour les poulains, pouvant provoquer une obstruction voire même une rupture intestinale si le cheval ne subit aucun traitement. Les larves qui migrent dans les poumons peuvent provoquer des maladies respiratoires et léser les tissus pulmonaires ce qui prédispose le cheval à des déficiences et une fragilité respiratoire dans le futur. · Symptômes : amaigrissement, diarrhée, coliques, gêne respiratoire, troubles digestifs, anémie, nervosité et retard de croissance du poulain.

 

  • Symptômes : fatigue, baisse d’appétit, amaigrissement, fièvre, et parfois colique

 

4. LES HABRONÈMES : Draschia megastoma, Habronema muscae et Habronema microstoma

 

Rares chez les chevaux, mesurant entre 0.7 et 2.5 cm, blancs, et vivant dans l’œsophage et l’estomac. Présents du printemps à l’automne, plus en été. Leurs larves rejetées dans le crottin peuvent être ingérées par des mouches, au stade d’asticot, qui devenues adultes, déposent leurs propres larves sur la bouche, l’œil ou les plaies d’autres chevaux (seules les larves situées sur la bouche peuvent être ingérées par le cheval), elles se nourrissent de peau saine et empêchent alors la cicatrisation des plaies.

 

  • Symptômes : diarrhées, coliques.

 

5. LES STRONGLES PULMONAIRES : Dictyocaulus arnfieldi

 

Très fréquents chez les ânes, beaucoup moins chez les chevaux. On en trouve surtout en Afrique. Ils mesurent de 3 à 6 cm de long, et sont présents toute l’année. Les larves infestent notamment les bronches et la trachée. Ils se transmettent seulement aux chevaux cohabitant avec les ânes, mais provoquent des atteintes respiratoires (toux, bronchite, pneumonie chronique) pouvant causer des dommages irréversibles sur l’appareil respiratoire.

 

  • Symptômes : toux persistante, cicatrisation lente, amaigrissement, difficultés respiratoires.

 

6. LES TÉNIAS : Anoplocephala perfoliata

 

Fréquents chez les chevaux, notamment jeunes, ils s’installent dans l’intestin grêle et le caecum.

Les Ténias sont présents pendant la saison des pâturages, du printemps à l’automne, on les appelle "vers plats" en raison de leur forme aplatie, ils mesurent près de 2 cm de large, et entre 4 et 80 cm de long selon les espèces.

Ils ne provoquent généralement pas de lésions de l’intestin mais se nourrissent au dépens du cheval, et peuvent à terme, causer des occlusions intestinales, des ulcérations de la muqueuse, voire des hémorragies.

 

  • Symptômes : diarrhées, coliques, amaigrissement important.

 

7. LES GASTÉROPHILES : Gasterophilus intestinalis

 

Ils existent seulement au stade de larve, mais celles-ci sont très fréquentes chez les chevaux.

Les œufs que l'on reconnaît à leur couleur jaune, sont pondus par de grosses mouches velues, noires et jaunes d'environ 2cm de long, pendant la période estivale.

Ils sont déposés dans les poils des membres ou les crins aux heures chaudes de la journée, le plus souvent l'été.

Les œufs, ingérés par le cheval lorsqu’il se lèche, passent quelques temps dans la bouche (où elles peuvent créer des ulcères sur la langue et les gencives) et migrent ensuite dans l’estomac et le duodénum.

En cas d’infestation massive, elles peuvent causer des perforations intestinales, et des coliques à répétition pouvant aller jusqu’à une grave obstruction intestinale.

 

  • Symptômes, (peu visibles en cas de faible infestation) : salivation, longs mâchonnements, douleurs buccales (dues aux ulcères), baisse de forme et d’appétit, coliques, anémie.

 

8 LA DOUVE : Fasciola hepatica

 

Rare chez les chevaux, apportée par la présence de ruminants, notamment de moutons, dans le pré des chevaux.

Les poulains sont les plus facilement infestés. On la trouve le plus souvent dans des zones humides stagnantes.

Mesurant de 2 à 10 mm, ce sont des parasites des canaux biliaires et du foie pouvant provoquer chez le poulain de graves inflammations et l'obstruction de canaux biliaires, pouvant aller jusqu’à l’hépatite voire la cirrhose du foie.

Le foie d’un cheval infesté étant fragilisé il et beaucoup plus sensible aux autres infections.

 

  • Symptômes : mauvais état général, baisse de forme, anémie importante, mauvais état du poil, diarrhées, éventuellement coliques.

 

9. LES STRONGYLOÏDES : Strongyloïdes westeri

 

Parasites du poulain : les touchant de 15 jours à 3 mois (avant l’acquisition d’un système immunitaire efficace), majoritairement au printemps.

Les Strongyloïdes sont des vers longs d’environ 1 cm, provoquant des diarrhées aiguës aqueuses.

Les larves peuvent occasionner des troubles respiratoires et des dermatites en traversant la peau.

Les vers adultes peuvent également entraîner des inflammations de l’intestin grêle (entérite).

 

  • Symptômes : fièvre, diarrhée aqueuse, affaiblissement, déshydratation, amaigrissement, anémie.

 

 

→ CONCLUSION :

 

Les parasites digestifs occasionnent 4 à 9 % des décès de chevaux en Normandie (10% pour les jeunes chevaux de 6 mois à 2 ans), et représentent la principale cause de coliques. Environ 70% des jeunes (6 mois à 2 ans) sont parasités par une ou plusieurs espèces.

 

Pour diminuer l’infestation des chevaux, il faut interrompre le cycle parasitaire. 90% des éléments parasitaires se trouvent dans le milieu extérieur, contre seulement 10% dans l’organisme des chevaux. Donc la vermifugation ne suffit pas, et l’action sur le milieu extérieur est beaucoup plus efficace que la vermifugation !

 

En outre les parasites développent des résistances envers les vermifuges, qui ne sont alors plus efficaces. Pour éviter l’apparition de ces résistances, il faut donc raisonner la vermifugation, et traiter les chevaux à bon escient (suffisamment, mais pas si ce n’est pas nécessaire).

 

  • En box :

 

- Enlever les crottins tous les jours, curer et nettoyer les mangeoires régulièrement.

- Ne pas épandre le fumier tel quel sur les pâtures, mais après compostage (la température élevée durant le compostage détruit les parasites) ou après un très long temps de stockage (> 2ans).

 

  • Dans les paddocks et herbages :

 

- Éviter le surpâturage :

Les zones de refus autour des crottins constituent un mécanisme naturel, les larves de parasites y sont 15 fois plus nombreuses que dans le reste de l’herbage. Si la densité de chevaux est trop grande, alors ils vont brouter autour des crottins, et s’infestent plus facilement.

- Les petits paddocks sont particulièrement dangereux du point de vue parasitaire, car il n’y a pas de délimitation entre aire de pâturage et aire de défécation. Pour limiter les risques d’infestation, le ramassage quotidien des crottins est alors indispensable.

 

  • Rotation des pâtures :

 

Efficacité controversée, car pour une efficacité réelle, il faudrait une rotation toutes les 3 semaines, en attendant 1 an avant de remettre des chevaux sur chaque parcelle !

 

 

 

 

 

 

Eugénie Duc.

Sources :" Cheval partage", Haras Nationaux

 

 

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